N° 18  LE TADJIKISTAN EXISTE-T-IL ?: DESTINS POLITIQUES D'UNE "NATION IMPARFAITE"

S O M M A I R E
N° 18 juillet-décembre 1994

 

Editorial (texte intégral)

 

DUDOIGNON, Stéphane A., JAHANGIRI, Guissou


Introduction

Les articles réunis dans ce dossier tentent de répondre à une question : au Tadjikistan, ancienne république soviétique aujourd'hui réputée pour la vigueur de ses luttes "claniques" ou "régionalistes", la prégnance actuelle des segmentations locales et régionales du champ politique est-elle le fait d'une société traditionnelle, arriérée, ou apparaît-elle au contraire comme un phénomène intrinsèquement lié à la modernité - notamment à la création récente, ex nihilo, d'une lourde bureaucratie et d'une infrastructure industrielle ? Pour ce faire, on a cherché à rompre avec le substantialisme ethnique qui continue de dominer les études consacrées aux conflits actuels de l'Asie Centrale, en mettant en œuvre une interrogation croisée, impliquant l'histoire démographique et celle des migrations, la manière dont la sociologie de l'intelligentsia tadjique s'articule sur cette histoire migratoire, la géographie des divers réseaux de solidarité politique qui se sont élaborés à de multiples niveaux pendant le conflit, pour donner lieu à des systèmes d'alliance en perpétuel mouvement. Les auteurs s'intéressent particulièrement au poids de la politique soviétique de développement économique régional contrasté et au rôle joué par la création d'un Etat soviétique client de la Russie dans l'évolution des différentes lignes de clivage politique qui ont partagé la société tadjique au cours du XXe siècle. La problématique est ici élargie aux Tadjiks d'Afghanistan et à la stratégie "présidentielle" d'Ahmad Shâh Mas?ûd, tout entière orientée vers la contrôle des structures et des ressources d'un Etat central moderne.

 

BUSHKOV, Valentin I


"Tadjikistan, quelques prémisses de la crise"

L'auteur dissipe quelques idées reçues sur l'archaïsme des sociétés centrasiatiques, en montrant ce que la démographie du Tadjikistan doit à la colonisation russe de la fin du XIXe siècle, puis à l'essor de la monoculture du coton à partir des années 1950. Son analyse met au jour l'ancrage des régionalismes politiques actuels dans l'histoire contemporaine de l'Asie Centrale : les lignes de conflit intercommunautaires que nous observons trouvent leurs origines dans les importants mouvements migratoires du milieu du XXe siècle (descente des communautés montagnardes vers les nouvelles vallées cotonnières, où elles sont diversement accueillies) ; elles ont été accentuées par une politique de développement très régionalisée, qui a avantagé le centre industriel de Khoudjand, au nord, ainsi que les vallées cotonnières du sud du pays, au détriment du Kouhistân, ensemble de hautes vallées couvrant les quatre cinquièmes du territoire. SAD

 

MULLADJANOV, Parviz


"Réflexion sur quelques effets du passage de génération dans l'intelligentsia contemporaine du Tadjikistan"

Les clivages démographiques mis au jour par Valentin Bushkov sont aussi à l'origine de la fracture qui a partagé l'intelligentsia nationale du Tadjikistan en deux tendances hostiles. Les premières générations de lettrés de l'appareil, recrutés depuis la fin des années 1920 dans l'élite urbaine persanophone de Samarcande, de Boukhara et des cités du Ferghana (y compris Khoudjand) ont dû faire face pendant la décennie précédant le conflit armé à la montée en puissance d'une jeune intelligentsia issue des communautés montagnardes du Tadjikistan central, installées dans les vallées cotonnières depuis les années 1950. L'affrontement entre ces deux " générations " a eu pour résultat la dislocation de l'intelligentsia de type européen formée à Douchanbeh par le régime soviétique. Fragilisée puis marginalisée par d'autres acteurs, l'intelligentsia s'est trouvée exclue du champ politique, tandis que Douchanbeh subissait un phénomène de déseuropéanisation, accru par le départ en masse des russophones. SAD

 

JAHANGIRI, Guissou


"Anatomie d'une crise : le poids des tensions entre régions au Tadjikistan"

Les oppositions qui ont engendré la guerre civile ont-elles donc été régionales ? L'auteur restitue la place des solidarités locales et régionales dans la chronologie des événements qui se sont succédé au Tadjikistan depuis les manifestations de février 1990. Ces solidarités se sont notamment manifestées par l'enrôlement, sur la base de parentés élargies (awlâd) ou de lieu d'habitation (mahalla, qishlâq), d'acteurs nouveaux du jeu politique : manifestants puis guerriers des milices " rouges " et " blanches ", mais aussi les réseaux de l'économie de l'ombre, dont les " bandes " (dasta) étaient organisées selon le même principe d'affiliations locales et régionales. SAD

 

DUDOIGNON, Stéphane A.


"Une segmentation peut en cacher une autre : régionalismes et clivages politico-économiques au Tadjikistan" (texte intégral)

L'auteur applique au conflit du Tadjikistan quelques techniques de l'histoire du temps présent, pour dévoiler la nature éminemment politique des clivages dévoilés par la guerre civile. Une périodisation du conflit en trois grandes phases permet de reconstituer les changements d'alliances, parfois déconcertants, qui ont donné à la guerre civile une physionomie particulièrement mouvante. Cette scansion en périodes distinctes dévoile les enjeux essentiellement politiques et économiques d'un conflit moderne, car tout orienté vers la maîtrise des structures d'un Etat et d'un appareil productif hérités de l'URSS. L'auteur inscrit en outre l'évolution du conflit dans le cadre des changements d'attitude de Moscou à l'égard de sa périphérie, dans les années fatidiques qui ont suivi la perestroïka, et inscrit donc le Tadjikistan dans la dynamique des bouleversements qui ont embrasé l'ensemble de l'espace soviétique. SAD

 

DORRONSORO, Gilles


"Politique et ethnicité en Afghanistan : le cas tadjik"

Les Tadjiks d'Afghanistan ont-ils une identité et un projet politique propres qui les amènent à rompre avec les autres communautés du pays, pour rejoindre par exemple leurs homologues septentrionaux ? Il est permis d'en douter, tant prime chez les dirigeants tadjiks afghans (Ahmad Shâh Mas'ûd, Burhân ud-Dîn Rabbânî) privés d'une assise régionale forte, l'ambition de contrôler l'Etat afghan dans sa totalité. Ici, au demeurant, une décennie de conflit armé ininterrompu a montré le caractère fluctuant d'une identité symbolique au fort contenu politique : en Afghanistan, on " devient " tadjik autant, sinon plus qu'on ne naît tel. SAD

TANIN, Zâhir


"Vu d'Afghanistan. L'influence des bouleversements afghans sur le devenir du Tadjikistan"

Les Tadjiks existeront-ils politiquement au XXIe siècle ? Le présent témoignage d'un acteur politique afghan n'est pas dénué d'une référence nostalgique à une identité tadjique transfrontalière. Il témoigne de la tentation des intelligentsias urbaines communistes d'investir la rhétorique nationale et l'incantation ethnique. Toutefois la description que donne l'auteur de l'éclatement des différentes forces " tadjiques "; comme celle des stratégies contradictoires des puissances régionales, laissent peu de perspectives pour l'émergence d'un éventuel Grand Tadjikistan.SAD

 

SHUKURI, Muhammadjan


"La situation de la langue persane tadjique et les perspectives de son renouveau"

La question de la survie des Tadjiks en tant que nation moderne est au centre des préoccupations d'un autre héritier du marxisme léninisme et de sa théorie des nationalités (on se souvient de l'intérêt de Staline pour la fixation des langues " nationales ") : l'auteur, philologue et idéologue en vue du mouvement national tadjik de la fin des années 1980, lance un appel à la communauté internationale pour aider le Tadjikistan à élaborer l'outil scolaire d'un apprentissage linguistique uniforme. SAD

 

OTTOMAN, Ali


"Le désenclavement de l'Asie centrale et du Caucase"

Laissant délibérement de côté l'aspect purement politique du phénomène, l'article tente de déceler certaines tendances de fond dans les flux d'échanges commerciaux à l'échelle mondiale qui pourraient jouer un rôle dans le qui serait ainsi amenée à retrouver le rôle de plaque tournante qui semble avoir jadis été le sien. Outre l'énorme potentiel d'échanges terrestres que la réouverture des voies commerciales d'Asie centrale devrait désenclavement de l'Asie centrale et du Caucase, région libérer à l'échelle du continent eurasiatique, un effet de saturation des transports maritimes, notamment en raison de problèmes croissants de pollution, risque de mettre fin à la prépondérance des voies maritimes affirmée depuis l'époque des grandes découvertes, il y a cinq siècles. Le contexte de la réemergence de cette région pourrait donc être celui d'un réequilibrage des flux d'échanges planétaires terrestres et maritimes, allant de paire avec la remise en question d'un aspect fondamental des temps modernes, à savoir, le concept de la liberté totale des mers. Ayant, par ailleurs, passé en revue les diverses ressources de la région et les voies et moyens de transports envisageables pour leur écoulement, l'article aborde quelques points névralgiques du grand réequilibrage mentionné, à savoir, la mer Noire et le Bosphore. Se penchant enfin sur le rôle de garant écologique qui pourrait échoir aux Etats de cette région dans le nouveau contexte, l'auteur croque le portrait délibérément " cervantesque ", voire " nasrettinesque ", d'un " Turc " de retour sur la scène internationale sous l'étendard vert de l'écologie en lieu et place de celui de l'Islam brandi jadis. AO

TAPIA, Stéphane


"Migrations turques en Europe"

La notion de circulation migratoire s'intègre pour les géographes à celle du champ migratoire. Elle cherche à décrire et à définir l'ensemble des relations qui lient espaces d'origine et de résidence des migrants internationaux. Cette circulation se trouve à l'interface des géographies, des économies, du tourisme international, des migrations internationales et du commerce exterieur, en ce sens que les migrants y deviennent acteurs et non plus simplement usagers ou personnes subissant les contraintes de la mobilité du facteur travail au-delà des espaces nationaux. Cette contribution examine le fonctionnement du cas turc, intéressant à plus d'un titre. Le champ migratoire s'y étend en effet sur un très vaste territoire à cheval sur plusieurs continents (Europe occidentale, Amérique du Nord, Moyen-Orient, Australie et plus récemment pays de la CEI, Communauté des Etats Indépendants), mobilise plusieurs millions de personnes ainsi que de très nombreux acteurs des échanges et des transports. La circulation migratoire turque anime plusieurs routes aériennes, maritimes ou terrestres, dont la route des Balkans, et construit un lien actif entre la Turquie et les populations immigrées. Il y a en quelque sorte continuité territoriale entre la Turquie et les nombreuses colonies émigrées du champ migratoire, continuité faite de millions de déplacements annuels entre les pôles du champ migratoire. SdT

 

MANÇO, Altay


"Où se situe la Turquie ?: essai de comparaison du degré de développement social et humain de quelques pays"

Une tentative de comparaison du degré de développement socio-économique de plusieurs pays, mis en regard avec la situation observée en Turquie à partir d'indicateurs généraux tels que le taux de scolarisation, les vaccinations, etc.. AM

 

PESMAZOGLOU, Stéphanos


"Idéologie, politique et médias en Grèce"

Les dirigeants du PASOK en Grèce ont fait des médias leur terrain et leur outil de propagande privilégiés afin de diffuser dans la population un discours populiste largement répercuté par une presse et une télevision soumises à l'appareil étatique. FNSP

 

ORAN, Baskin


"Religious and national identity among the Balkan muslims : a comparative study on Greece, Bulgaria, Macedonia and Kosovo"

In cases where the religion of the dominant nation is different than that of the dominated, the religion of the latter contributes to comforting its nationalism or at least its national identity. This is proven by the experience of the Turks in the Balkans. Using the Islamic religion, the Turks, who are by far the most numerous and prosperous Muslim minority in Greece and Bulgaria, have successfully attempted to assimilate the Pomak minority in Greece and, to a certain extent, in Bulgaria. On the other hand the Albanians, by far the most numerous Islamic element in Macedonia and Kosovo, are assimilating the Turks in the former and even more so in the latter by using religious affinities. BO

 

PÉROUSE, Jean-François


"La construction du mausolée de Mustapha Kemal"

Le mausolée d'Atatürk (appelé 'Anitkabir') monument cardinal de la capitale turque actuelle, a connu une longue genèse (plus de quinze ans entre la mort d'Atatürk et le transfert de sa dépouille dans son ultime séjour) ici retracée à travers l'une des principales revues turques d'architecture et d'urbanisme de l'époque, Arkitekt. Cette dernière permet de restituer toutes les étapes d'une entreprise qui a représenté un enjeu symbolique fondamental pour les successeurs du père-fondateur : les débats initiaux, l'organisation d'un concours international d'architecture, les différents projets proposés, leur sélection et les vicissitudes de la construction du mausolée sont ainsi analysés tour à tour. JFP

 

CHAMP LIBRE

BOZARSLAN, Hamit : "Parler de la corde dans la maison du pendu"
Les réactions à la proposition du député du Refah, Hasan Mezarc¦, demandant le réhabilitation des opposants exécutés en 1926 sur l’ordre d’un tribunal d’exception dépendant ouvertement du pouvoir a soulevé un tollé en Turquie. Sa « perversité », pour reprendre le terme des opposants, venait du fait qu’elle avait remis en cause le droit de l’Etat à faire taire ses opposants par la pendaison. C’est pour cela qu’elle méritait, à son tour, la corde. Le non respect de la « doctrine officielle » constitue une raison suffisante pour évoquer ce symbole. La peine capitale est donc détachée du droit positif, elle ne se fonde pas sur une définition abstraite du crime, elle est revendiquée comme sanction ultime de la non-conformité idéologique. CPC


BAYART, Jean-François
: "Faut-il avoir peur de l'Islam en Turquie ?"
Le Parti de la Prospérité (Refah Partitsi) est le grand vainqueur des élections municipales du 27 mars 1994. Ce succès a une signification probablement moins religieuse que politique (l’essouflement des partis traditionnels) et ne doit pas cacher une autre évolution politico-islamique beaucoup plus préoccupante : l’islamisation du PKK. Ces retrouvailles du parti kurde avec la religion pourraient islamiser la colère sociale des exclus de la croissance et inspirer une nouvelle période de violence qui ne tarderait pas à s’étendre à l’ensemble du pays et à réactiver le clivage confessionnel et ethnique entre sunnites et alevi. CPC


FAMILI, Mojdeh : "Kiarostami : rencontre de la vie et du cinéma"
Il y a des cinéastes qui aiment être dans l’attente de l’événement, le solliciter. Ils ne sont pas réalisateurs de documents, mais leur style de mise en scène se rapproche d’une telle vision. Toujours aux aguets, pourtant, ils ne cherchent pas l’aventure. Ils rendent visible l’événement lorsqu’il advient. Car leur présence ne se limite pas aux apparences, ne cherche pas à attirer l’attention ou à provoquer des enthousiasmes fugaces par la découverte ou la dénonciation d’une « vérité ». Ce cinéma chercherait plutôt à créer une sensation, un bouleversement de l’âme, un réveil de la conscience de l’homme. Ce cinéma n’invite pas à voir l’événement, à le regarder, mais, dans son avènement, inciterait à développer une certaine vision de la vie et lui permettrait d’advenir. Le cinéma de Kiarostami constitue la rencontre entre le cinéma et la vie. MF


LEDDET, Sophie : "Notes sur l'ethnicité des tadjiks de Chine"
En République populaire de Chine, dans la province du Xinjiang située au Nord-Ouest du pays vivent quelques 33 000 Tadjiks chinois dont 60 à 70 % sont concentrés dans le seul district autonome qui leur ait été accordé en 1954 : celui de Tâshqurghân perché dans les hauteurs des Pamirs. Engloutis par le colonialisme han (ethnie chinoise majoritaire) l’unique échantillon de religion ismaélienne et de langues sarikoli et wakhani disparaissent petit à petit sans que l’on ait éclairé la provenance et les caractéristiques de cette minorité oubliée. Que reste-t-il des Ismaéliens de Chine et qu’est-ce qu’un Tadjik chinois dans les années 1990 ? SL

 

Chronique scientifique


TINGUY, Anne de, VANER, Semih : "Caucase : indépendance, crises et conflits"
Trois considérations à retenir à l’issue du colloque organisé par l’IUHEI à Genève le 15 septembre 1994. D’abord, le réveil du nationalisme à caractère ethnique a été un phénomène généralisé dans toute la région du Caucase. Cette tendance a été particulièrement accentuée dans le Caucase méridional, en particulier dans la phase de transition. Ensuite, Moscou a joué un rôle aussi éminent que paradoxal tant dans l’extension des conflits que dans leur apaisement. Enfin l’extraordinaire diversité ethnique et linguistique qui règne parmi les peuples du Caucase du Nord est accentuée par l’absence de conscience nationale historique. La constitution et la viabilité d’un Etat totalement indépendant, même sous une forme confédérale, paraissent sujettes à caution. En effet ce que cherchent à obtenir ces peuples est, d’une part, la reconnaissance et le respect de leur identité spécifique, et d’autre part, l’instauration d’un localisme leur attribuant, surtout, un droit de partage plus équitable de leurs ressources naturelles. CPC


ELAL, Serpil, VANER, Semih : "L'Union européenne, la Turquie, l'Eurasie"

Après la chute du mur de Berlin, l’effondrement du communisme, et plus tard, la désintégration de l’Union soviétique, des changements considérables ont marqué la société internationale avec notamment l’apparition de nouveaux Etats dans un ancien/nouvel espace : l’Eurasie. Positionnée entre l’Europe de l’Ouest, l’Asie Centrale, le Caucase et le Moyen-Orient, la Turquie n’a rien perdu de son importance géostratégique, malgré la fin de la guerre froide. Le but du colloque des 22-23 septembre 1994 était de montrer le rôle de médiation que la Turquie pourrait éventuellement jouer dans l’espace eurasiatique. CPC

 

Chronique bibliographique


PÉROUSE, Jean-François; Dimitri Kitsikis, L'Empire ottoman, Paris, PUF, 1985.
Le QSJ de Dimitri Kitsikis ressortit au genre à thèse, malgré les contraintes du nombre de pages. Il offre une vision très stimulante, voire provocatrice, de l’Empire ottoman - présenté comme s’inscrivant dans une continuité parfaite avec l’Empire byzantin -, qui cependant néglige par trop les provinces orientales. JFP


DUDOIGNON, Stéphane A. : Haydarshâ Pîrumshâyev, Amuzish-i, shûrish-i Wâse, Douchanbeh, Irfân, 1992.
L’ouvrage met en perspective différentes versions de l’histoire du soulèvement conduit par cAbd ul-Wâsec au Baldjuân, principauté montagnarde située au nord de la vallée de Koulâb, en juillet-septembre 1888. Celles-ci nous sont présentées telles qu’elles apparaissent dans les différents récits de l’événement qui se sont succédé depuis un siècle, du témoignage rétrospectif des contemporains jusqu’au travaux les plus récents des historiens de Douchanbeh. Ce survol critique est d’autant plus intéressant qu’avec le « soulèvement de Wâsec » l’on touche rien moins que l’un des mythes fondateurs du Tadjikistan soviétique. CPC

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