CAMROUX David, Etude N°152 - Télécharger
Nationalizing Transnationalism? The Philippine State and the Filipino Diaspora
Résumé
Avec plus de 8 millions d’expatriés, la population représente la principale exportation nationale des Philippines. Les transferts de fonds constituent 13?% du PIB et font des expatriés des acteurs économiques centraux. L’Etat philippin a-t-il instrumentalisé cet exode afin d’en récolter les fruits ? Répondre à cette question nécessite de distinguer trois concepts fondamentaux : l’Etat, la diaspora et le transnationalisme. Le texte suggère que l’utilisation de la dichotomie de la force et de la faiblesse d’un Etat doit se fonder sur une analyse du rôle de ce dernier dans l’émigration. Les typologies de Robin Cohen servent par ailleurs à démontrer que les communautés philippines d’outre-mer répondent à des caractéristiques propres à des communautés diasporiques plus généralement reconnues. Reste qu’il faut s’interroger sur les expériences de cette diaspora hétérogène pour mettre en avant la distinction entre émigrés permanents, saisonniers, travailleurs en mer et personnes en situation irrégulière. La vie de ces groupes et leurs relations avec leur "mère patrie" remet en question la prédominance de la notion de "transnationalisme". Cette analyse critique est renforcée par l’examen du rôle de l’Etat dans la création d’une diaspora instrumentalisée au cours de trois périodes de politiques d’immigration depuis 1974. Les caractéristiques qui ressortent de cette analyse sont des formes de "nationalisme longue distance" (Anderson, Schiller) et de "cosmopolitanisme enraciné" (Appiah). D’autres pistes de recherche plus fructueuses peuvent naître de l’exploration des multiples identités, des loyautés et dans le cas philippin des "nationalismes binaires".
PAGE Jean-Pierre (dir.), Etude N°151 - Télécharger
Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2008
Volume 2
PAGE Jean-Pierre (dir.), Etude N°150 - Télécharger
Tableau de bord des pays d'Europe centrale et orientale 2008
Volume 1
Chloé Froissart, Etude N°149 - Télécharger
Le système du hukou : pilier de la croissance chinoise et du maintien du PCC au pouvoir
Résumé
Le hukou est un système d’enregistrement et de contrôle de la population instauré à l’époque maoïste
pour servir le projet de développement socialiste. Il a créé une division durable entre les villes et les
campagnes et donné naissance à un système de statuts en contravention avec la Constitution chinoise
qui stipule l’égalité des citoyens devant la loi. Son maintien en dépit de la réintroduction du marché
explique la formation d’une nouvelle catégorie sociale : les travailleurs migrants qui représentent
une réserve de main-d’oeuvre qui tire la croissance chinoise. L’habileté avec laquelle cette institution
communiste a été adaptée pour répondre aux mutations socio-économiques du pays contribue
largement à expliquer le maintien du PCC au pouvoir. Le hukou permet de gérer le développement en
maîtrisant l’urbanisation et en favorisant une industrialisation rapide au moindre coût pour l’Etat. Dans
la mesure où l’accélération des réformes dont il a fait l’objet ces dernières années maintient l’inégalité
des citoyens, le hukou continue de servir la stratégie du Parti qui consiste à diviser pour mieux régner.
Ces réformes remettent cependant en cause le système de statuts codifié à l’époque maoïste et, tout
en instaurant une plus grande mobilité sociale, contribuent à rallier les élites au pouvoir. Ce système
constitue donc toujours la clé de voûte d’un régime autoritaire dont il sert les deux priorités : maintenir
la stabilité sociale et un fort taux de croissance.
Sébastien Peyrouse, Etude N°148 - Télécharger
La présence chinoise en Asie centrale. Portée géopolitique, enjeux économiques et impact culturel
Résumé
Depuis le début de la décennie 2000, la République populaire de Chine s’est invitée dans le "Grand
Jeu" centre-asiatique qui opposait jusque-là principalement la Russie et les États-Unis. Aujourd’hui,
l’avenir de l’Asie centrale se joue en partie dans sa capacité à éviter les déstabilisations du Moyen-
Orient voisin et à intégrer, via l’influence chinoise, la zone Asie-Pacifique. En moins de deux décennies,
la Chine a réussi une entrée massive et multiforme dans l’espace centre-asiatique : elle s’est imposée
comme un partenaire fidèle sur le plan de la diplomatie bilatérale et a réussi à faire de l’Organisation
de coopération de Shanghai une structure régionale appréciée par ses membres. Elle est devenue un
acteur économique de premier plan en Asie centrale, dans le secteur commercial, dans le domaine des
hydrocarbures et dans celui des infrastructures. Toutefois, les phobies sociales liées à cette présence
grandissante de Beijing se sont développées en parallèle et nombre d’experts centre-asiatiques
spécialisés sur la Chine ne cachent pas leurs appréhensions politiques, économiques et culturelles face
à un voisin avec lequel il sera difficile de gérer sur le long terme un tel différentiel de puissance.
André Grjebine, Éloi Laurent, Etude N°147 - Télécharger
La méthode suédoise : la cohésion sociale au défi de l'adaptation
Résumé
La "méthode suédoise" désigne la capacité collective des Suédois à s'adapter, dans la période contemporaine,
aux défis économiques et sociaux auxquels ils sont successivement confrontés. Notre étude tente à cet égard de
poser et d'éclaircir deux questions : quels sont les ressorts profonds de la "méthode suédoise" ? Comment
évaluer sa pérennité dans la phase actuelle de mondialisation ? En somme, nous voulons déterminer dans quelle
mesure la confiance et la cohésion sociale, au coeur du succès suédois, pourraient être affectées par les
changements de politique publique qu'induit une stratégie d'ouverture et d'adaptation dont la Suède a beaucoup
poussé les feux ces dernières années. Après avoir passé en revue la littérature sur les rapports entre confiance,
cohésion sociale et performance économique afin de mesurer l'importance respective des facteurs de cohésion
sociale, nous montrons comment ces composantes se sont institutionnalisées selon trois logiques socioéconomiques,
la Suède ayant choisi la voie sociale-démocrate. L'étude revient ensuite sur les performances
économiques et sociales de la Suède dans la période contemporaine et détaille sa stratégie de croissance actuelle,
typique d'un "petit" pays. Nous détaillons finalement l'évolution des politiques macro-économiques, fiscales,
d'immigration et d'éducation et nous mettons en avant l'affaiblissement des protections collectives et l'altération
de certaines politiques publiques déterminantes – altération qui pourrait à terme remettre en cause la stratégie de
gouvernance suédoise par l'affaiblissement de la cohésion sociale.
José Allouche, Jean-Luc Domenach, Chloé Froissart, Patrick Gilbert, Martine Le Boulaire, Etude N°145-146 - Télécharger
Les entreprises françaises en Chine. Environnement politique, enjeux socioéconomiques et pratiques managériales
Antoine Vion, François-Xavier Dudouet, Eric Grémont, Etude N°144 - Télécharger
Normalisation et régulation des marchés : la téléphonie mobile en Europe et aux Etats-Unis
Résumé
L’étude propose d’analyser les liens complexes entre standardisation et régulation des marchés de
téléphonie mobile selon une perspective d’économie politique tenant compte, dans une perspective
schumpetérienne, des déséquilibres de marché et des phénomènes monopolistiques associés à
l’innovation. Elle vise d’abord à souligner, pour les différentes générations de réseaux (de 0 G à 4G),
la particularité de cette industrie en matière de retour sur investissement, et le rôle clé que tient la
standardisation des réseaux dans la structuration du marché. Cette variable-clé du standard explique
en grande partie la rente qu’a représenté le GSM dans les dynamiques industrielles et financières
du secteur. L’étude explore ainsi les relations entre les politiques de normalisation, qui ne sont
évidemment ni le seul fait d’acteurs publics ni de simples règles de propriété industrielle, et les
politiques de régulation du secteur (attribution de licences, règles de concurrence, etc.). Elle souligne
que les vingt-cinq dernières années rendent de plus en plus complexes les configurations d’expertise,
et accroissent les interdépendances entre entrepreneurs de réseaux, normalisateurs et régulateurs. Dans
une perspective proche de celle de Fligstein, qui met en avant différentes dimensions institutionnelles
de la structuration du marché (politiques concurrentielles, règles de propriété industrielle, rapports
salariaux, institutions financières), il s’agit donc ici de souligner les relations d’interdépendance entre
diverses sphères d’activité fortement institutionnalisées.
Shahrbanou Tadjbakhsh, Etude N°143 - Télécharger
International Peacemaking in Tajikistan and Afghanistan Compared: Lessons Learned and Unlearned
Résumé
Au cours des dix dernières années, les modalités de l’engagement international dans les
opérations de rétablissement de la paix ont évolué. Une comparaison entre les accords qui en
1997 ont marqué la fin de cinq ans de guerre civile au Tadjikistan, et le début de l’intervention
en Afghanistan menée dans un contexte international de guerre contre le terrorisme, en témoigne.
Elle met l’accent sur les défis auxquels ces interventions ont dû faire face : l’échec des phases de
stabilisation, de transition et de consolidation du rétablissement de la paix ; le manque de netteté
des véritables motifs de l’engagement international ; l’ambiguïté des méthodes utilisées pour la
reconstruction des Etats concernés et l’appropriation des processus de paix par les Etats engagés.
Le succès du processus de paix au Tadjikistan peut être attribué à la collaboration entre organismes
internationaux et puissances régionales, mais aussi à l’ordonnancement progressif des différentes
étapes : négociations autour du partage du pouvoir puis consolidation et reconstruction de l’Etat. En
revanche, l’échec du rétablissement de la paix en Afghanistan s’explique en partie par la diversité
des motifs de l’engagement international, l’isolement de l’alliance occidentale dans la région et les
positions prises dans la guerre par certains acteurs extérieurs. Quoi qu’il en soit, seule l’appropriation
du processus de paix par les populations locales lui confère la légitimité propre à le pérenniser.