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Les Etudes du CERI
Cette collection présente des travaux d'expertise sur des sujets d'actualité ou de prospective internationale. Elle permet d'approfondir un thème spécifique concernant un pays, une région, un secteur industriel, un enjeu géostratégique ou un phénomène économique. Conçues comme des outils d'éclairage de la décision, ces monographies obéissent à la rigueur éditoriale d'une publication scientifique. Elles font généralement suite à une mission de terrain effectuée par l'auteur. Les textes publiés deviennent accessibles en libre consultation sur le site Internet du CERI un an après leur parution. Les Etudes sont en vente au CERI au prix de 50 euros TTC l’unité. Le prix de l’abonnement annuel pour dix numéros est de 350 euros TTC. |
| Responsable de la publication : Judith Burko, burko@ceri-sciences-po.org, tél. +33158717004 Contact presse : Karolina Michel, michel@ceri-sciences-po.org, tél.+33158717007 |
MILELLI Christian et HAY Françoise, Etude N°167
La présence chinoise et indienne en Europe : au-delà des clichés
L’arrivée en Europe de firmes originaires de Chine et d’Inde est un phénomène certes récent, mais qui doit être vu comme une dynamique durable traduisant l’essor économique des deux géants asiatiques. Dans cette perspective, il est opportun de détailler les principaux traits d’investisseurs qui restent encore largement méconnus en Europe en dehors d’un cercle restreint d’initiés, et qui présentent des caractéristiques spécifiques dont certaines se recoupent parfois ; l’explication de cette diversité est à rechercher dans des expériences historiques nationales singulières. L’exploration de la question des modalités d’inscription territoriale des filiales de ces entreprises éclaire les choix, la nature et l’intensité des différentes interactions. Enfin, l’examen de la thématique des conséquences de la venue de ces nouveaux investisseurs sur les économies et les sociétés européennes permet tant de désarmer d’éventuelles paranoïas infondées que de mieux cerner et faire face aux différents enjeux. L’enseignement principal de cette réflexion réside dans la nécessité d’un suivi périodique et méthodique d’un phénomène qui n’en est encore qu’à son adolescence.
BONO Irene, Etude N°166
Le « phénomène participatif » au Maroc à travers ses styles d’action et ses normes
Au Maroc, la « participation » renvoie aux prétendues vertus de la « société civile » et est implicitement perçue comme une panacée. Le lancement en 2005 de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), programme de lutte contre la pauvreté qui entend intégrer toute la population, représente le symbole de ce phénomène participatif. Fondée sur une analyse des normes et styles d’action, la démarche suivie ici entend reconstituer la logique interne du « phénomène participatif » et, simultanément, le remodelage du politique qu’il engendre. La promotion de certains styles par la mobilisation de techniques issues des politiques publiques dites participatives transforme les critères et les processus de légitimation politique en faisant apparaître de nouveaux clivages sociaux. La valeur morale attribuée à la participation permet en outre d’euphémiser, de sublimer, voire de justifier la violation d’autres normes sociales, économiques et politiques. La mise en oeuvre de l’INDH à El Hajeb met en lumière l’appareil idéologique complexe sur lequel se base la construction des sujets de la participation, ainsi que leur rôle actif et créatif dans les configurations politiques qui tirent leur légitimité de la valorisation de la participation.
CHOPIN Thierry et MACEK Lukas, Etude N°165
Après Lisbonne, le défi de la politisation de l’Union européenne
La ratification du traité de Lisbonne a été, selon la formule de José Manuel Barroso, « un marathon d’obstacles ». Son entrée en vigueur signe la fin du débat sur l’avenir de l’Europe ouvert en décembre 2000 au Conseil européen de Nice. Rétrospectivement, le regard que l’on peut porter sur cette séquence politique permet d’établir un diagnostic de la crise de légitimité que traverse l’Union européenne. Les auteurs de la présente étude voient dans la montée de certaines formes d’euroscepticisme une conséquence de la crise de légitimité de l’Union et proposent d’y répondre par une politisation du système politique européen. Cette politisation, qui pourrait être développée à traités constants, permettrait de renforcer la possibilité pour les citoyens de peser sur les orientations politiques de l’Union européenne, tant dans ses aspects fondamentaux que dans son processus législatif ordinaire. Pour favoriser une telle politisation, plusieurs pistes concrètes peuvent être envisagées, touchant à la pratique institutionnelle et au comportement des acteurs de la vie politique européenne.
SIECA-KOZLOWSKI Elisabeth, Etude N°164
Un exemple de la gestion des minorités ethniques et religieuses dans l'armée russe : le cas des musulmans
L’armée russe postsoviétique, qui a conservé la conscription, reste confrontée à la question des minorités ethniques et religieuses : elle doit faire face notamment à une forte croissance de la population musulmane en son sein et au prosélytisme virulent de l’Eglise orthodoxe qui, en bénissant sans distinction toutes les troupes, constitue un facteur de mécontentement de la communauté musulmane. A cela s’ajoutent les deux conflits en Tchétchénie, qui ont rendu les conditions de vie plus difficiles pour les minorités musulmanes dans l’armée. Mais, depuis 1999, les leaders musulmans ont perdu leur légitimité à se plaindre et à protester. La politique de rapprochement menée par Poutine a été fructueuse : les autorités religieuses musulmanes se sont plus impliquées dans le processus de conscription. En retour, des officiers ont reçu quelques connaissances de base des principes de l’islam et les stroïbaty ont été démantelés. Certains choix de gestion des forces restent cependant porteurs de tensions, tel celui du regroupement local et ethnique comme nouvelle méthode d’éradication de la dedovchtchina. Dans le cas d’un passage à une armée professionnelle, quel scénario peut-on attendre dans le contexte d’accroissement de la population musulmane ? Se dirige-t-on vers une armée mononationale ou monoreligieuse ou vers une armée représentative de la diversité nationale ?
DAGUERRE Anne, Etude N°163
Gaps in the US Safety Net: A Challenge for the Obama Administration
La politique sociale de l’Etat-Providence américain est fondée sur un régime de protection libéral. L’idée qui préside au contrat social veut que les individus en âge de travailler subviennent à leurs besoins et à ceux de leur famille grâce à la rémunération de leur travail. Or le fait d’avoir un emploi ne suffit plus à prémunir les individus des principaux risques sociaux. Le Président Obama a été élu en promettant de rétablir le rêve américain, qui voit l’effort individuel récompensé par la promotion sociale. Mais l’administration Obama est confrontée au défi de la progression de l’inégalité sociale et de la pauvreté, dans un contexte économique très défavorable. La Grande Récession (2008-2009) a mis en évidence les failles du système de protection sociale : une proportion croissante de ménages doit choisir de payer soit ses dépenses de logement, soit ses dépenses alimentaires. Pour comprendre les raisons de cette insuffisance du système de protection américain, il est nécessaire d’étudier tant la structure de l’assistance sociale aux Etats-Unis que l’évolution du marché du travail et l’impact de la récession sur les ménages aux revenus modestes. Ces analyses permettent de saisir les grandes lignes de la réponse de l’administration Obama à la crise économique.