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Christian LEQUESNE
Le CERI fait dialoguer plusieurs approches disciplinaires, la sociologie du politique, l’anthropologie, l’histoire, l’économie politique, les relations internationales et la philosophie politique. L’ancrage empirique des recherches menées au CERI, adossé à une connaissance des langues et des terrains, a vocation à nourrir les débats conceptuels en sciences sociales. Les travaux du centre s’enracinent dans une tradition comparatiste et valorisent les trajectoires historiques des sociétés étudiées.
1 - SÉcuritÉ et risques
2 - Relations internationales
3 - Capitalisme(s) et espaces de la globalisation
4 - Sociologie historique comparÉe du politique
5 - IdentitÉs et politique
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Centre de recherche dédié
aux sciences sociales de l’international, le CERI Le CERI, un hÉritage intellectuel
Jean Meyriat et Jean-Baptiste Duroselle (1952-1976)
Il faut un effort de mémoire pour se représenter maintenant les bien modestes origines de ce qui est devenu un des grands parmi les organismes scientifiques français. Quelques années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, à peu près rien n'existait dans notre domaine. (…) Pas d’organisme de recherche spécialisé (…), pas d'enseignement universitaire, pas de chercheurs «professionnels»... (…) Nous nous proposions de mener simultanément notre effort dans deux directions. L’une devait conduire à une meilleure connaissance des États et des nations, acteurs d'un jeu complexe dont il importe d'éclairer les motivations, les comportements, les décisions. L'autre devait porter sur les relations entre ces acteurs, leurs conflits et les formes de leur coopération. (…) Les deux premières sections à se mettre au travail furent celles de l'URSS et de l'Allemagne. Parallèlement se constituaient quelques groupes dont l'intérêt se portait sur des phénomènes proprement internationaux, comme les organisations internationales ou l'intégration européenne. Guy Hermet (1976-1985)
En le créant en 1952, Jean-Baptiste Duroselle et Jean Meyriat avaient (baptisé le CERI) Centre d'étude des relations internationales, en hommage à une discipline nouvelle remplaçant la vénérable histoire diplomatique. Et c'est seulement après un quart de siècle, en 1976, qu'il a pris (…) son appellation actuelle de Centre d'études et derecherches internationales. (…) La dénomination du CERI devait énoncer ses orientations réelles du moment ; orientations partagées dans ces années entre ce que l'on appelait l'analyse des phénomènes politiques internationaux ou transnationaux, et celle des systèmes politiques étrangers. (…) L'obligation d'affecter un sens au E et au R servait à point nommé un calcul encore peu avouable : elle permettait de suggérer que, bien qu'assujettis au devoir prioritaire de s'adonner à une recherche fondamentale guidée par l'unique souci du « progrès de la discipline », les chercheurs pouvaient répondre aussi sans déroger à la « demande sociale » (…) Cette idée a fait plus que son chemin. Et s'agissant de l'appellation du CERI, seul le sigle reste présent à l'esprit ; l'impropriété croissante de l'adjectif international ne gêne personne, quand bien même «gIocal» semblerait maintenant plus approprié avec son double accrochage au global et au local (...). Jean-Luc Domenach (1985-1994)
Quand, en septembre 1985, j'accédais à la direction du CERI (…), une transition était déjà engagée (…) : recentrage sur la recherche fondamentale et la science politique, insistance sur les études comparatives, engagement de jeunes et brillants collègues, encouragement aux groupes de recherche collective. (…) L'évolution internationale donnait de plus en plus manifestement raison à l'orientation intellectuelle qui s'était progressivement dessinée parmi nous dans les années précédentes : si le communisme soviétique s'effondrait, si la texture des relations internationales se transformait, si la mondialisation se déployait, si les crises locales se multipliaient, c'est que notre méthode d'approche était juste. Nous avions eu raison de ne pas nous en tenir à une approche stratégico-diplomatique du monde et de ne pas diviniser l'État, mais de considérer ce qui était au-dessus, en dessous, à côté de lui et dans ses interstices comme des facteurs forts de l'histoire. Et nous avions raison de considérer que le recentrage des études internationales appelait la pratique d'une science politique enrichie par les grandes sciences sociales : histoire, économie, sociologie, anthropologie, linguistique... Jean-François Leguil-Bayart (1994-2001)
(…) Je me suis attaché à poursuivre quatre objectifs d'emblée annoncés : Ia relance du comparatisme et de l'analyse des relations internationales ; le développement des études européennes et de l'économie politique. (…) Une double alchimie (est) constitutive de la spécificité du CERI : d'une part, une réelle ouverture sur l'extérieur, puisque séminaires et colloques accueillaient en permanence des chercheurs étrangers, souvent éminents ou destinés à le devenir ; de l'autre, la réunion de scientifiques ou d'universitaires avec des représentants de la haute administration, de l’entreprise ou du milieu associatif, selon un commerce qui devrait êtrebanal mais demeure trop rare en France (…). L’équilibre s'est fait tout naturellement par le contrepoids de la politique scientifique et par la priorité donnée à l'accès au terrain. Le terrain, voici le maître mot : le CERI parle de ce qu'il y voit, et non de ce qui s'en dit. (…) Les événements du 11 septembre et leurs suites ont confirmé l'ampleur de notre ignorance dés sociétés du monde. Contribuer à y remédier est un impératif éthique pour certains, en tout cas politique. L'existence d'une recherche forte est indispensable à la démocratie. En France et bien au-delà, le CERI n'est pas le moindre de ses rouages. Christophe Jaffrelot (2001-2009)
... Si rien de ce que nous avons reçu en héritage n’a été remis en cause, qu’avons-nous ajouté au CERI en huit ans ? D’abord des nouvelles recrues, tant au sein de l’équipe administrative – qui est passée de 12 personnes à 23 – qu’aux effectifs de chercheurs, passés de 44 à 48. S’agissant de ces derniers, cette politique active de recrutement impliquant tant des membres du CNRS que des chercheurs FNSP a permis de combler des lacunes dans des secteurs prioritaires (...) L’internationalisation, elle, est passée par la multiplication des partenariats avec de prestigieuses institutions européennes, américaines, asiatiques… et la création d’une seconde collection d’ouvrages en anglais (chez Palgrave – la première étant hébergée par Hurst et Columbia University Press), à laquelle s’est ajoutée une revue publiée par Blackwell, International Political Sociology et la création d’une encyclopédie en ligne de langue anglaise sur les massacres de masse. La panoplie de ces publications en anglais illustre bien (...) notre effort pour tenir ensemble recherche scientifique et diffusion de cette recherche, une démarche qu’a illustrée aussi la création des Questions de recherche d’un côté, et, d’un autre côté, le lancement de trois collections, la première de livres d’actualité chez Autrement, la deuxième, d’ouvrages-pays chez Fayard et la troisième d’annuels thématiques (en partenariat avec L’Express) aux Presses de Sciences Po, une création qui complétait le numéro spécial qu’à chaque rentrée universitaire le CERI réalisait avec Alternatives internationales depuis 2002. Si je me suis beaucoup impliqué dans le secteur des publications, c’est non seulement parce que le CERI avait déjà une réputation à faire fructifier dans de domaine (avec la collection « Recherches internationales » (Karthala) et la revue Critique internationale qui ont poursuivi leur belle carrière), mais c’est aussi qu’il me paraissait essentiel d’aider les chercheurs à publier. Un chercheur a vocation à produire une œuvre... |