Intitulé des projets
Economies politiques comparées EU / Asie. Réformes économiques et régulations
Membres :
Chercheurs et chercheurs associés CERI,
François Bafoil, David Camroux, Christophe Jaffrelot, Jérôme Sgard, Luiz Martinez, Nadège Ragaru, Jean François Huchet, Gilles Lepesant.
Sciences Po.
Participation : Centre Asie, Aléssia Lefébure, CSO, Christine Musselin, Le MPA
Doctorants,
Marc Antoine Eyl Mazzega, Thibaut Voita, Dimitri Siriakis et Etudiants du Capstone « Eastern Europe and South eastern Asia in a comparative perspective ».
Migrations et relations internationales
Membres : Catherine Wihtol de Wenden et Anne de Tinguy, David Camroux, André Grjebine
Régime politique et identités collectives
Membres : Mariam Abou Zahab, Hamit Bozarslan, Antonela Capelle-Pagocean, Alain Dieckhoff, Jean-Noël Ferrié, Christophe Jaffrelot (pilote), Laurence Louër, Denis-Constant Martin, Patrick Michel, Elizabeth Picard et Nadège Ragaru.
Sortir de la violence. Ce projet transversal s'articule autour de trois axes. Axe1, cliquez ici
Membres : Laetitia Bucaille, Elise Féron, Christophe Jaffrelot (pilote), Sandrine Perrot, Nadège Ragaru, Valérie Rosoux, Jacques Sémelin.
Description des projets
A chaque fois, il s’agit d’adopter une perspective dite d’économie politique qui se caractérise par trois types d’interrogations.
1. Premier type d’interrogation, celui qui s’attache aux architectures institutionnelles dans les deux aires choisies. Dans ce cadre il s’agit de mettre en évidence les échanges entre différents niveaux de régulation – régionale (ou supra nationale) d’un côté, et nationale (Etatique et sub étatique) de l’autre – non pas à partir d’une simple dynamique d’imposition des normes / règles et procédures de haut (régional) en bas (étatique et sub étatique), mais comme des processus complexes qu’illustrent plusieurs séries d’interactions :
- Interactions entre les niveaux supra nationaux (globalisation et régional) et les niveaux domestiques (Etat central), via nombre de conflits et de négociation qui débouchent sur des consensus (règles, voire institutions) particuliers. Au-delà des acteurs institutionnels régionaux et nationaux considérés (EU / GMS – Asean d’un côté et états membres), d’autres acteurs « extérieurs » prennent place dans l’analyse : les USA et les acteurs asiatiques Chine, Inde, Japon, Corée.
- Interactions entre les niveaux centraux (Etat) et les niveaux sub étatiques aux différents échelons pertinents (régions, municipal, local), qui ouvrent sur une redistribution des pouvoirs et soulèvent la question de la « régionalisation » ...Cliquez ici pour visualiser la description détaillée du projet
La démarche consistant à constituer un projet transversal au sein du CERI s'inscrit aussi dans un questionnement plus large sur la place des migrations dans la science politique de l'international, puisqu'il s'agit d'une thématique éminemment pluridisciplinaire, sans cesse confrontée aux défis d'une réalité en mutation.
Une telle approche, variée dans ses thématiques, nous amène à poursuivre les questionnements apportés par les migrations à :
Compte rendus
La relation entre régime politique et identités collectives a surtout été appréhendée sous l’angle des déterminants de la démocratie et de l’autoritarisme dans une perspective non exempte de culturalisme. Sans aller jusqu’à rappeler le simplisme d’un Huntington pour lequel l’islam et le confucianisme étaient incompatibles avec la démocratie, il n’est pas inutile de citer Tocqueville pour lequel « à côté de chaque religion se trouve une opinion politique qui, par affinité, lui est jointe », une cette proposition générale dont les implications sont lourdes de conséquences pour son étude de la démocratie en Amérique:
«La plus grande partie de l’Amérique anglaise a été peuplée par des hommes qui, après s’être soustraits à l’autorité du Pape, ne s’étaient soumis à aucune suprématie religieuse; ils apportaient donc dans le nouveau monde un christianisme que je ne saurais mieux dépeindre qu’en l’appelant démocratique et républicain : ceci favorisera singulièrement l’établissement de la république et de la démocratie dans les affaires».
Si le protestantisme «porte les hommes [...] à l’indépendance», le catholicisme les «prépare» davantage à l’égalité. De sorte qu’« aux Etats-Unis, il n’y a pas une seule doctrine religieuse qui se montre hostile aux institutions démocratiques et républicaines». Pour Tocqueville, « les mœurs » - un terme que l’on traduirait volontiers aujourd’hui par « la culture », religieuse en l’occurrence -, sont la principale des « trois grandes causes » (avec la géographie et les lois) de la démocratie en Amérique.
Ce projet transversal s’articule autour de trois axes dont on trouvera ci-dessous le bilan des activités ainsi que les perspectives d’avenir.
Axe 1 - Cliquez ici pour accéder au programmaire du séminaire et aux textes des interventions
Constructions et reconstructions de l’Etat en situation de post-violence,
piloté par Sandrine Perrot et Nadège Ragaru
Inauguré au printemps 2008, l’axe sur les constructions et reconstructions de l’État en situation de post-violence se donne pour objectif de réfléchir aux formulations, aux luttes de qualification et aux délimitations de la notion de « post-conflit », ainsi qu’aux dispositifs à travers lesquels les situations de « post-conflit » sont gérées par des acteurs internationaux, régionaux et locaux en plaçant au cœur de la réflexion la question du politique et de l’État. La démarche se veut à la fois théorique (permettre une meilleure appréhension des enjeux relatifs à la conceptualisation et à la gestion des processus mettant en jeu des redéfinitions de l’ordre et de la légitimité politique), méthodologique (s’interroger sur les instruments au service du chercheur, sur la construction du rapport à son objet ainsi que sur les conditions de validation des connaissances produites) et empirique (avec une attention centrale accordée ici aux recherches de terrain et à la comparaison entre des configurations singulières, trop souvent appréhendées dans une perspective d’aire culturelle).
A cette fin, a été lancée, à la rentrée universitaire 2008, un séminaire ayant vocation à aborder plus spécifiquement le problème des relations entre pouvoirs et territoires en situation de sortie de violence (voir le programme prévisionnel du séminaire pour 2008-2009 ci-après). Le séminaire se déroule au CERI, dans le cadre d’un groupe de travail semi-ouvert. a pour finalité de réfléchir aux recompositions des territoires et des modes d’exercice du pouvoir intervenant à la faveur des conflits armés comme de leur achèvement, ainsi que sous l’effet des politiques internationales de reconstruction. Les interventions doivent permettre en particulier d’affiner notre saisie de la notion d’État, fréquemment sollicitée dans les travaux sur les « États faibles », les « États faillis » - pour être aussitôt réduite à une focalisation sur les défaillances des institutions publiques qui s’accompagne presque systématiquement dans l’analyse d’une évacuation du politique. Comment mieux cerner les lieux du politique, et notamment le jeu des échelles territoriales, les pratiques du pouvoir, ainsi que les renégociations des loyautés et les redéfinitions des stratégies de légitimation, telle est l’une des finalités des séances prévues pour 2008-2009....
La démarche comparatiste de sociologie historique de l’Etat a connu, ces deux dernières décennies, de profonds renouvellements.
L’héritage théorique et méthodologique des grands « pères fondateurs » de ce courant d’étude (P. Anderson, T. Skocpol, O. Hintze, N. Elias, M. Weber pour ne citer que quelques grands noms) continue à inspirer de nombreuses recherches : sur les stratégies d’exercice et de justification de la puissance sociale et politique adoptées par les groupes composant l’élite dirigeante de l’Etat, sur les rapports entre pratiques de prestige notabiliaire et détention d’une charge ou d’une mandature publiques, sur la naissance des corps bureaucratiques et des ethos dont ils se prévalent pour construire leurs identités collectives, sur l’origine des procédures de différenciation des patrimoines privés et du domaine public, sur l’émergence de théories et de mythologies proto-constitutionnalistes parachevant idéologiquement cette différenciation, sur les trajectoires de professionnalisation politique liées à la cristallisation d’arènes nationales de compétition pour les honneurs et les ressources, sur les effets de la « judiciarisation » du jeu politique, etc.
Mais se trouvent aujourd’hui mieux prises en compte, à la suite surtout des travaux des groupes de recherche « Modes populaires d’action politique » (1980-1986) et « Trajectoires du politique » (1987-1999) du CERI, et des écrits de B. Berman et J. Lonsdale – que ces groupes ont diffusés en France par le biais de la Revue française de science politique et de toute une série de publications collectives et individuelles –, les dynamiques de « formation » par le bas, et non plus seulement de « construction » par le haut, de l’Etat, compris dès lors sous l’angle du « projet hégémonique » dont il est porteur (ou plus précisément : dont sont porteurs les groupes sociaux qui l’investissent). Cette réflexion sur les conditions de la quête hégémonique de l’Etat (national-métropolitain comme colonial) amène à s’interroger sur la façon dont ses injonctions sont recodées, et ce faisant refaçonnées et réinterprétées, dans les termes spécifiques des débats des sociétés politiques locales : débats sur la nature de l’autorité dans son rapport à des modes de gestion et de transmission de la terre, à des cultes d’ancestralité, à des régimes d’accumulation de la richesse, à des expériences de franchissement de frontières, qui tous « se disent » d’une manière particulière, à travers des discours de / sur les « valeurs » idéales des « communautés »...
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