N° 29 L'humanitaire / L'Albanie

S O M M A I R E
N° 29 Janvier-Juin 2000

 

Semih VANER


Editorial (texte intégral)

 

LA QUESTION HUMANITAIRE. FIN DE SIECLE OU FIN DE CYCLE ?

Philippe RYFMAN
In Memoriam F. Jean

Hommage à François Jean, directeur de recherches à la Fondation Médecins Sans Frontières, disparu en décembre 1999, et qui était appelé à coordonner avec Philippe Ryfman ce dossier des CEMOTI sur l'aide humanitaire.

 

Philippe RYFMAN
Introduction

La question qui demeure ouverte est celle de savoir si le contexte particulièrement délicat auquel se trouve confrontée l'aide humanitaire dans l'aire régionale, peut être essentiellement attribué aux transitions liées aux recompositions qui sont à l'œuvre depuis les années 1970, et qui se sont trouvées accélérées par la fin de la guerre froide. Ou si l'action humanitaire moderne, qui a particulièrement émergé sur la scène internationale à partir du début des années 1980, concomitamment à l'intervention soviétique en Afghanistan, n'arrive pas au terme d'un cycle lié à un certain modèle d'intervention sujet à une profonde remise en cause par les acteurs locaux. Si tel était le cas, l'action humanitaire se trouverait à la veille d'une nouvelle mutation de son essence même.

 

Olivier ROY

L'humanitaire en Afghanistan : entre illusions, grands desseins politiques et bricolages

Les différents acteurs du conflit afghan (ONG, Etats et ONU), tout en ayant des ambitions différentes, ont été pris en fait dans une même configuration d’inter-actions et d’inter-dépendances. Le Pakistan a ainsi réussi à concilier deux contraintes contradictoires : laisser se développer une action humanitaire internationale autonome et canaliser par ailleurs l’essentiel de l’aide vers les partis qu’il soutenait. La guerre d’Afghanistan a aussi été l’occasion pour de petites ONG d’atteindre la masse critique et de se perpétuer : en particulier nombre d’entre elles ont vu, à l’occasion de ce conflit, leur budget croître mais dépendre aujourd’hui particulièrement, surtout de donateurs institutionnels (Etats occidentaux, Union européenne) plus que de dons de particuliers. La fin de la guerre soviétique a été aussi pour l’ONU l’occasion de tenter d’articuler un processus de règlement politique avec une coordination de l’action humanitaire, conçue tantôt comme levier afin de poursuivre des buts politiques, tantôt comme substitut et palliatif à un impossible règlement d’ensemble. Sur ce fond complexe, s’est déployée aussi une simple logique d’existence, tant pour des ONG que pour des agences onusiennes, où le but est de se perpétuer soi-même plutôt que de réaliser des objectifs qui entraîneraient leur propre disparition.

 

Michel LEEZENBERG
Humanitarian Aid in Iraqi Kurdistan (texte intégral)

Humanitarian aid has been an important economic and political factor in Iraqi Kurdistan, but it has had unforeseeable, and at times even paradoxical, effects; to some extent, it has exacerbated existing negative trends and tendencies. This paper tries to trace some of its main features and implications. After some background, the main stages of this humanitarian involvement will be outlined: from initial relief effort and the establishment of a 'Safe Haven', aid shifted to a focus on long-term development. Such efforts were increasingly hampered by the progressive social and political disintegration of the region, until a measure of stability was regained with the end of the Kurdish infighting and the implementation of the famous 'food-for-oil' resolution no. 986 of the UN.

 

S. Neil MACFARLANE

Humanitarian Action and Conflict in the Southern Caucasus : The Cases of Abkhazia (Georgia) and Nagorno-Karabakh (Azerbaijan)

This article examines the connection between humanitarian action and conflict in two southern Caucasian cases – those of Abkhazia (Georgia) and Nagorno-Karabakh (Azerbaijan). It attempts to answer three questions: to what extent has humanitarian programming impeded a settlement of the conflicts; how effective has the humanitarian community been in designing programming in such a way as to foster conflict resolution; and to what extent has the promotion of conflict resolution impeded proportional humanitarian assistance and protection.

 

Dzovinar KEVONIAN

Les réfugiés et l’action humanitaire en Transcaucasie post-soviétique : enjeux politiques et considérations historiques

L'arrière-plan historique et la longue durée conduisent en ce qui concerne la question des réfugiés en Transcaucasie à s'interroger sur ces ressemblances vécues, ressenties ou instrumentalisées entre des périodes historiques dont la mise en parallèle est fréquente. L'étude des perceptions et de la mémoire collective permet de mieux saisir une subjectivité agissante qui constitue également un instrument politique. De manière plus générale, l'approche alarmiste des "nouveaux conflits" et de l'action humanitaire au milieu des années 90 tient semble-t-il davantage à la phase de transition historique avec laquelle elle coïncide qu'à une complexité intrinsèque nouvelle. La région considérée atteste de ce flottement caractéristique d'une période transitionnelle des relations internationales à laquelle sont venus s'ajouter les éléments permanents (les enjeux géostratégiques) et les caractères particuliers (poids de l'arrière-plan historique, caractères de la construction étatique) dans un contexte marqué par la transnationalisation et la redéfinition du territoire.

 

Laurence-Donia KOTOBI
De quelques réflexions sur l’humanitaire dans le champ sanitaire en Iran islamique

Plus de vingt ans après la révolution islamique, la solidarité nationale est en Iran une valeur qui vient tantôt concurrencer les tensions internes qui existent ou ressurgissent à l'occasion d'événements particuliers, tantôt les annihiler au profit de la cause nationale. S'exprimant à des moments clés de la conjoncture, cette forme de solidarité oriente en effet l'analyse qui peut en être faite en terme de cohésion sociale, religieuse ou politique vers l'instrumentalisation qui semble l'accompagner. Cette hypothèse est envisagée ici à partir d’une réflexion menée sur la question de l'ingérence humanitaire dans le domaine sanitaire. Deux situations peuvent l’illustrer. La première concerne le séisme de Menjil qui a décimé une région montagneuse du nord de l'Iran en 1991; la seconde l'arrivée  et la présence massives de populations réfugiées sur le sol iranien (vagues d'Afghans, puis d'Irakiens...) durant ces vingt dernières années. Il s’agit de montrer comment la question de la solidarité nationale joue sur la gestion des interventions humanitaires provenant de l’extérieur, tout en identifiant les liens qui existent entre l’instauration d’un système de santé national autonome (s’appuyant sur le modèle des soins de santé primaire) et la politique sanitaire iranienne menée en regard de la communauté internationale.

 

Françoise ROLLAN
Aide humanitaire et quelques sites web

Cet article recense, d’une part, les organisations travaillant dans les zones couvertes par les CEMOTI et, d’autre part, les sites fournissant de la documentation abondante et plus particulièrement des nouvelles détaillées et des articles de fond soit sur la pratique et la théorie de l'aide humanitaire, soit sur ces zones, régions et pays.

 

L'ALBANIE DIX ANS APRES

Kolë GJELOSHAJ & Jean-Michel de WAELE
Introduction

En partant du constat que les tensions importantes auxquelles doit faire face l’Albanie ralentissent et compliquent singulièrement sa transition démocratique, faisant de la question nationale un sujet incontournable dans l’agenda politique aux dépens de l’indispensable démocratisation des structures traditionnelles albanaises, le dossier est constitué à parts égales de contributions consacrées à la société en République d’Albanie et aux Albanais dans les Balkans au sens large du terme. Sont à la fois évoquées la position de Tirana à l’égard du Kosovo mais aussi les relations entre la Grèce et l’Albanie. Deux aspects de la société albanaise seront particulièrement mentionnés : l’économique et le politique.

 

Jean-Guillaume DITTER & Ilir GEDESHI
Dix ans de transition économique albanaise : de l’autarcie à l’extraversion

A l'issue d'une décennie de réformes incomplètes jalonnées de chocs d'origine externe et interne violents, l'économie albanaise a subi une mutation rapide qui l'a menée d'une situation d'autarcie presque complète à une dépendance extrême vis-à-vis des flux de personnes, biens et capitaux internationaux. L'objet du texte qui suit sera de retracer les différentes étapes de cette transformation avant de dessiner un état des lieux de l'appareil productif albanais tel qu'il se présente de nos jours, de ses déséquilibres et de ses relations avec l'extérieur. Il s'achèvera par la présentation de l'évolution de l'espace économique albanais, dont les déséquilibres croissants reflètent ceux évoqués précédemment.

 

Christian PIHET
1991-1999. Années d’orages en République d’Albanie : l’organisation difficile d’un système politique pluraliste

Cet article analyse les relations entre le système politique et les transformations socio-spatiales produites par le passage rapide à l'économie de marché. Apparemment les partis et les activités politiques se caractérisent par l'instabilité ainsi que par des épisodes chaotiques. Toutefois, l'examen attentif de l'évolution albanaise depuis dix ans montre que cette instabilité n'est pas de l'anarchie. Il ne faut pas analyser le fonctionnement de la vie politique albanaise à la lumière des médiations traditionnelles, largement déstructurées, mais plutôt comme un révélateur des nouvelles structurations sociales et régionales du pays. Dans cette perspective, les partis albanais sont aussi des composantes de la mobilité sociale.

 

Kolë GJELOSHAJ & Jean-Michel de WAELE
La République d’Albanie et la question du Kosovo

La proclamation d’indépendance, au début des années quatre-vingt dix, de quatre des six Républiques qui constituaient la seconde Yougoslavie et de l’une de ses deux provinces autonomes, ainsi que la fin de l’isolement de la République d’Albanie, ont eu, entre autres conséquences, de donner une dimension nouvelle à  "la question albanaise" et d’évoquer à nouveau la constitution de la mythique "Grande Albanie" regroupant l’ensemble des Albanais des Balkans. Dans ce cadre, l’analyse des relations entre la République d’Albanie (où vit la majorité des Albanais des Balkans) et les Albanais vivant en Yougoslavie (Monténégro et Kosovo) et en Macédoine , nous permet de définir la position de Tirana  depuis la seconde guerre mondiale sur la question nationale, ainsi que la pertinance du concept de "Grande Albanie" du point de vue de Tirana. Michel ROUX, Gilles de RAPPER & Olivier DESLONDES


Dimanche à Miras, lundi à Dipotamia. La frontière albano-grecque dans la région de Bilisht et de Kastoria

L'ouverture de la frontière albano-grecque, vue à travers les relations entre deux villages frontaliers, pourrait faire jouer l'énorme disparité de revenus entre les deux pays en faveur d'un développement économique rapide : les Grecs emploient les Albanais en Grèce, et pourraient les employer en Albanie à condition que la sécurité de leurs investissements soit assurée. Pour le moment, l'instabilité de l'Albanie et la méfiance entre Grecs et Albanais freinent la normalisation des relations, préalable à tout développement.

 

Christophe CHICLET
Les relations gréco-albanaises : amours ambigües

Les deux plus vieux peuples des Balkans ont toujours entretenu des relations passionnelles et conflictuelles. Mais, ils se retrouvent sur un point : une même crainte des voisins slaves. Durant le Moyen âge, les populations se sont durablement mêlées. Mais la pomme de discorde qui perdure de l’indépendance de l’Albanie à nos jours est le sort des minorités qui a souvent empoisonné les relations bilatérales.

 

* * *

 

Sevki AKDAG

Le statut juridique du travailleur migrant turc devant le juge communautaire

Les relations entre l’Union européenne et la Turquie sont basées sur un accord d’association, dit accord d’Ankara, signé le 12 septembre 1963 et entré en vigueur le 1er décembre 1964. Cet accord est complété par la signature, le 23 novembre 1970, d’un protocole additionnel. A l’origine, l’objectif premier de l’association était de préparer l’adhésion de la Turquie à la Communauté économique européenne. Ensuite, le volet social de ces textes devait faciliter la liberté de circulation des personnes : l’entrée libre de la main d’œuvre turque sur le territoire communautaire, au plus tard le 30 novembre 1986. La conjoncture n’a pas permis la réalisation de ces deux grands projets. C’est alors qu’un organe politique mixte, le Conseil d’association CEE-Turquie, est intervenu sur un autre terrain, plus juridique cette fois, pour défendre les droits des travailleurs turcs vivant au sein de la Communauté. Ce conseil a adopté successivement la décision n° 1/80 et la décision n°3/80 du 19 septembre 1980. Le but est d’améliorer la situation des ressortissants turcs déjà régulièrement installés sur le marché du travail des Etats membres. La décision n° 1/80 précise les droits des travailleurs turcs en matière d’emploi. Les droits conférés (renouvellement du permis de travail, l’octroi du permis de séjour) placent les travailleurs turcs dans une situation privilégiée par rapport aux autres ressortissants extra-communautaires. La décision n° 3/80 est relative à l’application des régimes de sécurité sociale des Etats membres aux travailleurs turcs et aux membres de leur famille. Concrètement, il s’agit de l’application aux ressortissants turcs du principe de l’égalité de traitement en matière de protection sociale. Finalement, ce sont les recours individuels basés sur ces instruments juridiques et les arrêts de la Cour de justice des Communautés européennes  qui vont faire naître un véritable statut juridique pour les travailleurs turcs. En reconnaissant que le droit issu du droit d’association CEE-Turquie fait partie intégrante du droit communautaire et a un effet direct, la Cour a développé une jurisprudence très protectrice pour les Turcs vivant en Europe. Cet article tente de démontrer comment une juridiction européenne réussit à rendre effectif  un droit positif, d’abord octroyé, puis ignoré par les politiques des Etats membres et les institutions de la Communauté.

 

Ayzade-Ayse RORLICH
Kazakh intellectuals, identity, and collective memory : echoes of recent debates 

It can be argued that the voices of the iconoclastic Kazakh intellectuals which this essay has identified, add a new layer of meaningful nuances to the already rich heteroglossia of identity.  What they have in common is their critique of the establishment, and the primacy they give to tradition in general, and nomadic tradition in particular in the equation of identity.  The differences they exhibit, however, be it the infatuation of the Amrekulov/Masanov team with the socio-economic dimension or Nurpeisova’s elitism and absolute dedication to the primacy of the spiritual, can be seen as responses to some of the undeniable legacies of the Soviet regime: economic impoverishment and spiritual sterility. Having embarked on the search for a solution, Kazakh intellectuals seem to be determined to sort out the dimensions of their identity and eventually gain Antaean invincibility by reconnecting in a meaningful way with the soil of the steppe. CPC

 

Christine de MONTCLOS
Les Balkans vus du Vatican : les crises de Bosnie et du Kosovo (texte intégral)

Situations politiquement, culturellement et juridiquement différentes que celles de la Bosnie et du Kosovo mais qui interpellent les autorités morales par les drames qui s’y vivent. Le Vatican réagit par une diplomatie active et cohérente qui se traduit notamment par une volonté de dépasser les clivages religieux.

 

Johann UHRES
Le point sur les alphabets utilisées pour les langues turciques

Dans le monde turcophone, de nombreux systèmes d’écriture ont été utilisés ou le sont encore aujourd’hui ; ils dépendent essentiellement de la situation politique. Au XXe siècle, l’intervention de l’État s’est accrue, et de nombreux changements d’alphabet ont eu lieu. Lorsque l’empire soviétique s’effondre, les peuples turcophones qui y vivaient s’émancipent de la Russie. Ils sont nombreux à envisager de marquer ce changement politique par l’abandon du cyrillique. Ils sont encouragés à adopter la graphie latine par des intellectuels turcs, relayés par la diplomatie turque. Désireuses d’affirmer leur indépendance, certaines républiques ex-soviétiques élaborent un alphabet qui leur est propre. D’autres, au contraire, renoncent à changer d’alphabet, en fonction de leurs relations avec la Russie.

 

CHAMP LIBRE

Sasan Fatemi, "Le Chanteur silencieux. Un aperçu de la vie musicale en Iran"
Depuis quelques années la vie musicale de l'Iran a radicalement changé. La musique classique iranienne n'est plus la seule musique tolérée par les autorités qui, naguère, sans recourir aux discours moraux ne pouvaient pas approuver un art dont la légitimité était très discutée en islam. La "pop music" iranienne, vue jadis comme le symbole de l'invasion culturelle du pays par l'Occident, renaît à l'intérieur des frontières pour rivaliser avec son homologue losânjelesi  (de Los Angeles), genre qui défiait, depuis la révolution islamique, la sobriété de la conception musicale des autorités. Ce changement est dû aux nécessités sociales et artistiques. Pour les uns, la musique classique iranienne s'est montrée limitée sur le plan d'expressivité musicale et, pour les autres, son hégémonie dictatoriale, négligeant la pluralité des goûts, pourrait nuire à la santé culturelle de la société. La vie musicale d'aujourd'hui n'est donc plus comme celle d'il y a quatre ou cinq ans. La quantité de la production musicale, des livres, des articles, des émissions radio-télévisées sur la musique, des concerts et des festivals, de même que la diversité des genres musicaux sont incomparables avec celles d'avant le changement. Mais il manque à cette vie la spontanéité et la vivacité car elle est toujours contrôlée, la légitimité de la musique n'étant pas encore approuver officiellement et sans réserve.

Nasrin Faghih, "Au bord du tableau noir, tout est encore possible !"
Au festival de Cannes de cette année, le jury a longuement hésité entre deux films, Dancer in The Dark et Le Tableau noir, avant d’attribuer la Palme d’or. Tous deux se ressemblent à plusieurs égards. Les deux réalisateurs, caméras sur l’épaule, ont créé un cinéma de mouvement, nerveux, qui projette sans cesse le spectateur dans une fuite en avant. Mais en choisissant de filmer comme les disciples du "DOGME", Samira se lance dans un pari techniquement trop important et le film qui s’annonce comme une grande épopée humaine, perd très vite son objet. C’est là que les ressemblances avec Dancer in the Dark s’estompent.

Yvette Benusiglio, " Quand une revue turque revisite l’Islam "
Cet article présente une analyse de la revue turque Islamî arastirmalar paru en 1995. Ce numéro propose un point de vue nouveau, original et même révolutionnaire sur l’islam. Plusieurs de ces articles sont des traductions d’auteurs très connus à l’étranger pour leurs opinions audacieuses sur la religion islamique, sur les textes saints ; ils en contestent la validité. Validité fondée, disent-ils sur des nécessités conjoncturelles dues à l’époque de leur rédaction – soit les deux siècles qui ont suivi la proclamation (ou la révélation) du Coran. Retour donc aux origines de la foi musulmane et à ses principes universels et imprescriptibles. Une deuxième partie de la revue est composée d’articles de personnalités turques, plaidant en quelque sorte pour une nouvelle adaptation du concept de laïcité dans leur pays.

 

Document

Damien Helly, Jean-Paul Burdy, " Entretien avec E. Elçibey "
L'ancien président azerbaïdjanais, décédé le 22 août 2000 d'un cancer, avait accordé un entretien en 1997 lors de son retour sur la scène politique de son pays. La publication de ses propos d'alors permet de revenir sur le rôle et les idées de l'homme qui a symbolisé à la fois l'indépendance et la défaite du nouvel Azerbaïdjan indépendant. Eboulfaz Elçibey insiste sur les efforts et les ambitions entretenues par l'Azerbaïdjan pour intégrer l'Occident démocratique en critiquant l'autoritarisme et la corruption. Il reconnaît l'héritage de la culture russe mais témoigne un attachement fidèle à la Turquie et à l'expérience kémaliste.

 

Chronique bibliographique

Le guide de Bilge Karasu par Anne Mortal
Dans son Guide, Bilge Karasu, économe comme un piège tendu, tend ses filets de conjectures entre quatre personnages, entre lesquels se nouent des relations très sérieuses en quelques jours. Son livre interroge le cheminement de l’existence dans la part qui touche à la source de nos rêves. Cela lui permet de donner toute la mesure de son vertige, car tout ce qu’on a pensé, prévu, rêvé à haute voix et dont on est persuadé, se produit vraiment – comme cela pourrait justement arriver dans un monde inversé – où notre connaissance du temps serait à rebours.

 

Résumés / Abstracts

Appels de l'AFEMOTI
Séisme (Rapport Chaoul)

 

Back / Home page